Overview

En 2015, la consommation d’énergie finale en Belgique était de 36,7 Mtep, légèrement en-dessous de son niveau de 2000 (-2,9 %). L’industrie, premier secteur de consommation en Belgique, a enregistré une baisse de 3,8 points de pourcentage de sa part de la consommation d’énergie finale totale depuis 2000 – passant de 36 % à 32 % en 2015. Au cours de la même période, le secteur résidentiel a vu sa part légèrement diminuer, passant à 24 % (-1,6 point de pourcentage), tandis que la part des secteurs du transport et des services a augmenté de respectivement 2,8 et 3,2 points de pourcentage, atteignant respectivement 28 % et 14 % de la consommation d’énergie finale totale de la Belgique.

Figure 1: Final energy consumption by sector

Source: ODYSSEE

L’efficacité énergétique pour les consommateurs finaux s’est améliorée de 1,7 % par an en moyenne de 2000 à 2015, soit 25,6 % durant cette période. Cette amélioration a été principalement tirée par le secteur industriel (36,4 % durant la période) et par le secteur résidentiel (28,5 % durant la période). Dans les transports, les améliorations de l’efficacité énergétique ont été stables (1,0 % par an de 2000 à 2015).

Figure 2: Energy efficiency index (by sector)

Source: ODYSSEE

La Belgique est un Etat fédéral où l’efficacité énergétique est une compétence des trois régions (la Flandre, la Wallonie et la Région de Bruxelles-Capitale) soutenue par des mesures du gouvernement fédéral. Dans le cadre de l’art. 3 de la DEE (directive 2012/27/UE), la Belgique a fixé un objectif indicatif en matière d’efficacité énergétique de 18 % de réduction de la consommation d’énergie primaire d’ici 2020 par rapport au scénario de référence « Primes 2007 ». Cela se traduit par une économie de 9,6 Mtep. L’économie d’énergie finale correspondante est de 7,1 Mtep (82,6 TWh). L’économie d’énergie finale projetée en 2020 dans le 4e Plan national d'action en matière d'efficacité énergétique (PNAEE) résulte de la somme des trois régions, qui s’élève à 43,4 GWh :

 • Flandre : 28,9 GWh 

• Wallonie : 9,7 GWh

 • Bruxelles : 4,8 GWh


Table 1: Sample of cross-cutting measures

MeasuresNEEAP measuresDescriptionExpected savings, impact evaluationMore information available
Flandre – Imposition d’obligations de service public en matière d’URE aux gestionnaires des réseaux de distribution d’électricité yesLes gestionnaires des réseaux de distribution d’électricité sont obligés de prendre un certain nombre d’actions dans le domaine des performances énergétiques des bâtiments, lesquelles consistent principalement à accorder des subventions et à dispenser des informations à leurs clients pour des investissements en vue d’économies d’énergie dans les bâtiments (résidentiels et non résidentiels) existants.2020: 43 PJLink
Wallonie – Certificats verts pour l’électricité renouvelable et la cogénération à haut rendementyesOctroi de certificats verts pour de petites installations (résidentielles) de production d’électricité utilisant des panneaux photovoltaïques (pour des installations de moins de 10 kW). Les certificats sont octroyés à chaque ménage bénéficiaire sur la base de l’électricité produite par son installation. Il revient à chacun de les échanger sur le marché des certificats verts.2020: 4 PJLink
Source: MURE

Buildings

En 2015, la consommation moyenne était de 21,5 MWh par habitation. Il s’agit d’une baisse de 17 % par rapport à 2002, où la consommation moyenne était de 25,9 MWh par habitation (amélioration de 0,3 MWh en moyenne par année). La consommation énergétique résidentielle a considérablement diminué, de près de 2 %/an, depuis 2002, malgré l’augmentation du nombre de ménages et d’habitations. Cela s’explique, en particulier, par les efforts obtenus au niveau de l’utilisation finale du chauffage, grâce à des mesures visant à promouvoir l’isolation des bâtiments. 

Figure 3: Energy consumption of residential per dwelling (normal climate)

Source: ODYSSEE

Figure 4: Energy mix of households

Source: ODYSSEE

Globalement, la consommation d’énergie finale des bâtiments résidentiels était, en 2015, de 0,6 Mtep (6,4 TWh) inférieure à celle de 2002. Deux facteurs principaux ont contribué à accroître la consommation d’énergie durant cette période – davantage d’habitations (de 1,02 Mtep) et « autres » (0,7 Mtep). Ce facteur « autres » pourrait contenir différents moteurs, tels que le fait qu’il y ait plus d’appareils par habitation ou que les habitudes aient changé (utilisation plus intensive de certains appareils, par exemple). Néanmoins, les économies d’énergie font plus que contrebalancer (2,4 Mtep) l’effet des moteurs de la croissance de la consommation et expliquent la diminution observée de la consommation d’énergie globale.

Figure 5: Main drivers of the energy consumption variation in households

Source: ODYSSEE

Tandis que la consommation d’énergie globale par employé (secteur tertiaire) a diminué de 9 % depuis 2002 dans le secteur tertiaire (poussée par une diminution de la consommation pour le chauffage), la consommation d’électricité par employé a augmenté jusqu’en 2010 avant une baisse lente à partir de cette année. Cela peut s’expliquer par la diffusion exponentielle des appareils liés aux technologies de l’information et des appareils électriques dans les bureaux, qui contrebalance la meilleure efficacité de la plupart du matériel électrique.

Figure 6: Energy and electricity consumption per employee in the service sector (normal climate)

Source: ODYSSEE

Les régions ont, chacune pour son propre territoire, principalement mis en œuvre la directive de l’UE sur la performance énergétique des bâtiments (PEB) et encouragé l’amélioration de l’efficacité énergétique par le biais de subventions, de programmes d’audit, de sensibilisation, etc. À Bruxelles, un effort particulier a également été consenti afin de développer des bâtiments exemplaires ayant une consommation quasiment nulle et une haute qualité environnementale.

Table 2: Sample of policies and measures implemented in the building sector

MeasuresDescriptionExpected savings, impact evaluationMore information available
Wallonie – Incitants financiers pour des investissements en matière d’URE dans les bâtiments Subventions pour les ménages couvrant les audits énergétiques, l’isolation du toit, l’isolation des murs et les systèmes de chauffage (chaudières à condensation au gaz, pompes à chaleur, chaudières à biomasse et chauffe-eau solaires)2020: 14 PJLink
Liées à l’UE : Performance énergétique des bâtiments (directive 2002/91/CE) - Flandre – Règlementation relative à l’isolation et à la performance énergétique pour les bâtiments résidentielsConditions en matière d’isolation, de performance énergétique et de climat intérieur introduites dans le cadre de la directive PEB2020: 16 PJLink
Bruxelles – Développement et promotion de bâtiments exemplaires - BATEX (ayant une consommation quasiment nulle et de haute qualité environnementale) dans le secteur tertiaireSoutien financier, assistance technique et visibilité publique pour des projets de bâtiments exemplaires en terme de performance énergétique et environnementale, afin de démontrer leur faisabilité technique et économique Link
Source: MURE

Transport

En Belgique, le transport routier demeure le moteur principal de la consommation énergétique dans les transports (82 % de la consommation totale dans les transports contre 80 % en 2000). Contrairement au transport routier (+10,7 %), le transport aérien (-4,6 %), le transport ferroviaire (-7,9 %) et le transport maritime (-9,8 %) voient leur consommation d’énergie diminuer par rapport à 2000.

Figure 7: Split of the transport energy consumption by modes

Source: ODYSSEE

Le transport de passagers a augmenté depuis 2000 (de 0,5 %/an en moyenne ; 7,1 % durant toute la période). Cette hausse a été principalement observée dans le transport ferroviaire (+34,9 %) et le transport en bus (+14,3 %), tandis que le transport en voiture est resté presque stable (+3,9 %), ce qui témoigne d’un transfert modal vers les transports en commun.

Figure 8: Share of modes in passenger traffic

Source: ODYSSEE

Le transport de marchandises a considérablement augmenté depuis 2000 (de 1,9 %/an en moyenne ; 18,5 % durant toute la période). Cette hausse a été principalement observée dans le transport routier (+31,6 %) et le transport maritime (+44,0 %), tandis que le transport ferroviaire a diminué durant la même période (-4,8 %). 

Figure 9: Share of modes in freight traffic

Source: ODYSSEE

Les économies d’énergie entre 2000 et 2015 (-1,77 Mtep ou 74,1 PJ) n’ont pas suffi à contrebalancer la hausse spectaculaire de l’activité (+1,9 Mtep). D’autres éléments, tels qu’une diminution dans les facteurs de charge pour le transport de marchandises, en raison de la crise économique, en particulier pour les camions, sont également responsables de la hausse de la consommation mondiale dans le secteur des transports.

Figure 10: Main drivers of the energy consumption variation in transport

Source: ODYSSEE

Chacune des trois régions a mis en œuvre toute une série de mesures, couvrant la mobilité, l’infrastructure, la promotion du transfert modal et des véhicules alternatifs, de même que la consommation unitaire des véhicules.

Table 3: Policies and measures into force in the transport sector

MeasuresDescriptionExpected savings, impact evaluationMore information available
Flandre - Mesures visant à améliorer les besoins de mobilité et la performance environnementale des transportsCette mesure comprend : - le Plan de mobilité de la Flandre (qui se concentre sur la mobilité et l’amélioration de la performance environnementale du parc automobile) ; - le plan « Clean Power for Transport » (visant à réduire le coût des véhicules propres, à développer l’infrastructure de recharge pour les voitures électriques et la communication).2020: 20 PJLink
Wallonie – Incitants financiers ou financement destinés au transport Subsides dans le secteur des transports (maritime, routier, ferroviaire) pour des investissements dans l’utilisation rationnelle de l’énergie dans les transports, qu’il s’agisse du transport de passagers ou de biens.2020: 2 PJLink
Bruxelles - Mesures dans le secteur des transports (plan de mobilité « IRIS II », code COBRACE, etc.)Bruxelles - Mesures dans le secteur des transports (Plan de mobilité « IRIS II », code COBRACE, etc.)2016: 8 PJLink
Source: MURE

Industry

La consommation d’énergie globale dans l’industrie a diminué de 13,1 % entre 2000 et 2015, pour atteindre 11,9 Mtep (498 PJ). En 2015, les principaux secteurs consommateurs étaient les produits chimiques (35 %), les autres branches (27 %) et l’acier (19 %). L’évolution de la consommation dans ces secteurs est très différente, se montant respectivement à +50,9 %, -9,7 % et -54,5 % par rapport à la consommation de 2000. 

Figure 11: Final energy consumption by branch

Source:

Malgré la crise économique de 2007, l’activité industrielle s’est accrue en Belgique depuis 2000, entraînant une hausse de la consommation d’énergie (+4,8 Mtep). Il s’est toutefois opéré un glissement de secteurs à haute intensité énergétique (comme l’acier) vers des secteurs à moindre intensité énergétique (tels que les produits chimiques), provoquant une baisse de la consommation d’énergie (-2,2 Mtep). Les économies d’énergie ont entraîné une diminution supplémentaire (-5,5Mtep). Au total, la consommation d’énergie dans l’industrie a chuté de 13,6 Mtep à 12,1 Mtep au cours de cette période. 

Figure 12: Main drivers of the energy consumption variation in industry

Source: ODYSSEE

Source:

En Belgique, la politique en matière d’efficacité énergétique dans l’industrie se concentre sur des accords volontaires entre les gouvernements régionaux (de Flandre et de Wallonie) et l’industrie. Les manières de fixer les objectifs et de contrôler les résultats varient entre les régions et elles ont changé au fil du temps.

Table 4: Policies and measures into force in industry

MeasuresDescriptionExpected savings, impact evaluationMore information available
Flandre – Accords volontaires dans l’industrie à haute intensité énergétiqueAccords volontaires avec l’industrie concernant l’efficacité énergétique couvrant actuellement la période 2015-2020. Les sociétés adhérentes s’engagent à mettre en place un Plan Énergie et à réaliser toutes les mesures profitables à l’efficacité énergétique qu’il contient en échange de ne pas être soumises à d’autres mesures politiques au-delà des obligations de l’UE.2020: 45 PJLink
Wallonie – Accords volontaires avec l’industrie Accords volontaires avec l’industrie concernant l’efficacité énergétique couvrant actuellement la période 2014-2020. Les sociétés adhérentes s’engagent à réaliser toutes les mesures profitables à l’efficacité énergétique et à la réduction des émissions de CO2 en échange d’un soutien financier et administratif et de ne pas être soumises à d’autres mesures politiques au-delà des obligations de l’UE.2020: 18 PJLink
Source: MURE